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Adolescents

Visa pour l’image : Quel avenir pour le métier de photoreporter ?

Le métier de photoreporter séduit et tente certains ados. Mais ils ne sont pas toujours informés des difficultés que rencontrent la plupart des photojournalistes pour vivre de leur travail. Interview de Jean-François Leroy, organisateur du festival Visa pour l’image où sont exposés, jusqu'au 11 septembre, plus de 30 reportages photo.

 

Géo Ado : Le métier de photoreporter est-il plus difficile qu’il y a 20 ans, à l'époque de la création de votre festival ?

Jean-François Leroy : Quand on a créé Visa pour l'image en 1989, 80 % des sujets que l'on présentait étaient publiés quelques mois après. Aujourd'hui, il n'y a quasiment plus de reportages photo publiés dans les magazines.

Cette année, nous avons pourtant une actualité d'une richesse incroyable en Côte-d'Ivoire, au Soudan, en Irak, en Afghanistan, en Tunisie, en Libye, en Égypte, au Japon, etc. Il y avait près de 300 journalistes photographes en Égypte et 95 % d'entre eux n'ont pas publié une seule image.

Géo Ado : Pourquoi ?

J.-F. Leroy : Les services photo des magazines ont de moins en moins d'argent. Envoyer un photographe à l'étranger coûte plus cher qu'acheter une photo du mariage du prince William. En fait, la hiérarchie de l'info a complètement changé.

Les gens veulent du people : aujourd'hui, n'importe quel abruti qui chante ou qui passe à la télé fait les couvertures des magazines. C'est tragique ! En plus, ça va de plus en plus vite : une info chasse l'autre à une vitesse délirante. Qui parle encore d'Haïti ? On nous a gavés avec la mort de Ben Laden durant 10 jours, puis avec l'affaire DSK, et la semaine prochaine, ce sera quoi ?

Géo Ado : Aujourd’hui, tout le monde prend des photos, notamment avec le portable. Est-ce une menace pour les photoreporters ?

J.-F. Leroy : Ce n'est pas parce que vous savez faire un barbecue que vous êtes un cuisinier 3 étoiles, ou parce que vous avez un stylo-bille que vous êtes un grand écrivain. Avec le numérique, on a tout de suite l'impression d'être un grand créateur.

Mais les vrais photographes, vous pouvez les mettre devant le même événement avec 25 autres personnes, ils seront toujours meilleurs parce qu'ils ont une qualité du regard, ils savent regarder ! En plus aujourd'hui, on balance les images sans tri, sans réflexion.

Avant on prenait le temps de construire une histoire, on livrait un choix de 50 photos bien réfléchi. Dans les journaux, il y avait un éditeur photo ou un directeur photo, une personne qui, depuis le journal, travaillait en combinaison avec le photographe, le guidait et lui disait : “Il faudrait creuser ça ou ça.” C'était une sorte d'œil extérieur très important.

Géo Ado : Photoreporter reste un métier très séduisant. Que dites-vous aux jeunes qui veulent se lancer ?

J.-F. Leroy : Il y a 20 ans, je connaissais 200 photographes qui vivaient de leur métier correctement, aujourd'hui, je n'en connais pas 20. J'ai vu récemment un reportage sublime sur Haïti, son auteur n'a vendu qu'une seule photo à un quotidien pour 60 euros… Comment peut-il monter son prochain reportage dans ces conditions ?

On dit qu'Internet, c'est génial car on peut y voir plein d'images. C'est vrai, mais les pros n'y gagnent pas de quoi financer leur prochain reportage. Dans ces conditions, c'est difficile d'encourager les jeunes à suivre cette voie.

Le festival Visa pour l’image

Organisé depuis 1989 à Perpignan par Jean-François Leroy, le festival Visa pour l'image propose une trentaine de reportages photo exposés dans différents lieux de la ville.

Ouverte gratuitement au public, cette manifestation se terminera le 11 septembre. Elle est aussi, pour ces photographes travaillant souvent seuls, l'occasion de se rencontrer et de parler de leur travail. 

Visa pour l'image

 visapourlimage.com

 

 

Le 1 septembre 2011 Géo Ado

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Visa pour l’image - Géo Ado

Géo Ado publie chaque mois des reportages de photojournalistes, fruits d'un travail patient et parfois dangereux, notamment dans les pays en guerre.

 

A découvrir dans le numéro de septembre du magazine Géo Ado, deux expositions de l'édition 2011 de Visa pour l'image :


• “Made in England”, par Peter Dench ;
• “Bangladesh, contre vents et marées”, par Jonas Bendiksen ;


ainsi que les coulisses du métier de photojournalistes et des astuces pour bien lire et comprendre une photo.

 

Géo Ado

Visa pour l'image

A propos de Jonas Bendiksen

Jonas Bendiksen

© Jonas Bendiksen / Magnum Photos for National Geographic

Jonas Bendiksen est un photographe norvégien. Il aime photographier l'extraordinaire. Quand l'homme doit improviser pour s'adapter face à une situation exceptionnelle. Pour lui, l'appareil photo est juste un outil.

 

La photo reproduite dans cet article, extrait du magazine Géo Ado, a été prise au Bangladesh. Pour s'adapter aux inondations qui sont très courantes dans ce pays, les constructions sont légères et démontables. Si une maison est placée trop près de l'eau, il suffit de la démonter et de la remonter un peu plus loin, bien au sec. Là, il s'agit du toit d'une mosquée, les habitants l'ont démontée après la prière du midi et l'ont remontée avant la prière du soir.

 

 

 

 

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