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En famille

Développement de l’enfant : Comment les souvenirs se forment-ils ?

Flous ou précis, transformés ou reconstruits, les souvenirs d’enfance constituent les fondations de notre histoire personnelle. Comment se forment-ils, se modifient-ils au fil de la vie ? Entretien avec Pascale Piolino, professeur de psychologie.

 

A quel âge peuvent remonter nos plus anciens souvenirs ?

Pascale Piolino : Les souvenirs d'enfance relèvent en général de ce qu'on appelle la mémoireépisodique”, qui permet de se rappeler les détails des événements et de leur contexte. On sait que chez l'enfant, ce type de mémoire, qui dépend de certaines zones du cerveau se construit assez tardivement, vers l'âge de 4-5 ans, et se développe progressivement jusqu'à l'adolescence.

Certains chercheurs émettent ainsi l'hypothèse que, si les adultes ne se rappellent pas les événements des premières années de leur vie, c'est parce que ce type d'informations n'a pu être gravé en détail dans leur cerveau. Ils n'en retiennent en général que des flashs très isolés.

Il est cependant possible de revivre certains événements chargés émotionnellement, certaines impressions marquantes, bien avant l'âge de 4 ans, mais cela reste exceptionnel. Et quand on a l'impression de se rappeler les situations précises de sa petite enfance, il s'agit souvent de “faux souvenirs”, qui sont assez faciles à obtenir dans cette période-là, à travers ce que nos parents nous ont raconté, les photos et les films qu'ils nous ont montrés.

Existe-t-il d’autres types de mémoires ?

P. P. : Oui, il existe d'autres types de mémoires, qui sont actives plus précocement. Notamment la mémoire sémantique : on peut ainsi se souvenir du nom, de la silhouette générale de personnes qu'on a connues à la maternelle, alors qu'on ne se souvient pas d'événements précis vécus avec eux.

On peut aussi conserver des souvenirs d'émotions très précoces, la peur d'un chien par exemple, sans être capable de raconter la scène.

Peut-on facilement se fabriquer des faux souvenirs ?

P. P. : On a montré que si on demande à une personne de vivre une scène de son passé en imagination, elle finit par modifier ses souvenirs et ne sait plus, à un moment donné, faire la part entre ce qu'elle a réellement vécu et ce qu'elle a imaginé. Les études montrent ainsi qu'un souvenir n'est pas figé dans notre cerveau, qu'il évolue en permanence, qu'il est fragile.

On peut être trahi par sa propre mémoire. Et c'est encore plus vrai pour les souvenirs d'enfance, qui sont déjà flous au départ, malléables.

 

Le 20 juin 2011 Propos de Pascale Piolino, professeur de psychologie à l’université Paris-Descartes, recueillis par Christine Legrand. Extraits du cahier Parents & enfants du 22 juin 2011, “Que reste-t-il de nos souvenirs d'enfance ?” à lire sur la-Croix.com

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Cet article est extrait du dossier Parents & enfants “Que reste-t-il de nos souvenirs d'enfance ?”, paru le 22 juin 2011.

 

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