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Enfants

Enfant unique : quelles différences d’éducation ?

Un enfant unique est-il plus gâté, plus égoïste que les autres ? Est-il frustré de ne pas avoir de frères et de sœurs ? Le point sur quelques idées reçues par Françoise Peille, psychologue clinicienne, pour le magazine Picoti.

 

Picoti : Quelles relations les parents nouent-ils avec leur enfant unique  ?

Françoise Peille : L'enfant unique est le centre de toutes les attentions. Il a le monopole affectif de ses parents, un amour sans partage qui n'est pas détourné par la présence de frères ou de sœurs. Cette relation privilégiée développe sa confiance et son estime de soi.

Mais l'enfant est aussi seul face à la pression parentale. Pour Freud, “Sa Majesté le bébé est obligé de satisfaire ses parents.” Tout enfant est le prolongement de ses parents, ces derniers ont souvent envie qu'il devienne ce qu'ils n'ont pas pu être.

Seul dans sa famille, il reçoit plus d'attention et réussit mieux. Mais il doit également ne pas décevoir. Tous ces regards portés sur lui peuvent l'influencer jusqu'à l'âge adulte.

Flatté démesurément, l'enfant aura tendance à être prisonnier de son obligation de plaire. C'est un comportement constaté chez de nombreux enfants, mais plus fréquemment chez les enfants uniques.

Picoti : Un tout-petit a-t-il conscience d’être enfant unique  ?

F. P. : À moins d'être issu d'une famille aux cousins nombreux et proches, un enfant ne se rend pas vraiment compte qu'il est unique avant l'âge de 3 ou 4 ans.

À la maternelle, il côtoie d'autres enfants. C'est à ce moment-là qu'il va commencer à poser des questions et à réclamer – ou pas – un petit frère ou une petite sœur. De façon générale, les enfants uniques aujourd'hui adultes disent ne pas avoir trop souffert de cette situation dans leur enfance.

Certains disent cependant s'être sentis seuls à l'adolescence et avoir regretté de ne pas avoir de pairs avec qui partager leur quotidien familial.

Mais l'arrivée d'un deuxième enfant n'est pas toujours toute rose. Cela peut aussi être vécu difficilement pour un enfant unique, surtout s'il est petit, car, ayant des besoins affectifs, il se sent obligatoirement frustré d'avoir à partager sa maman.

À l'arrivée du nouveau-né, il perd son statut de privilégié et peut considérer ce dernier comme un voleur d'amour. Cette frustration, si elle n'est pas soulignée par son entourage, finit par être surmontée.

 

Le 22 février 2011 Françoise Peille - Propos recueillis par Lucie de Azevedo pour le magazine Picoti

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A propos de Françoise Peille

Frères et sœurs, chacun cherche sa place - Françoise Peille

Françoise Peille est psychologue clinicienne attachée à l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul à Paris et auteur de Frères et sœurs, chacun cherche sa place (Hachette Pratique).

Enfants uniques : combien sont-ils ?

Selon le dernier recensement de 1999, plus de trois millions de familles n'ont qu'un enfant, soit 22,5 % des familles totales, contre 20,2 % de familles avec deux enfants et 7,9 % avec trois enfants.

 

La France a un des taux de fécondité les plus élevés d'Europe : en 2008, il était de 1,98 enfant par femme, alors que la moyenne européenne est de 1,5 enfant par femme.
(Source : Insee.)

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