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Histoires pour les tout-petits : les bébés adorent les mots !

Agés de quelques mois, les bébés aiment déjà entendre des histoires. Comment les leur raconter ? Que leur apportent-elles alors qu’ils ne parlent pas encore ? Réponses de Jean-Claude Renoux, spécialiste du conte pour les tout-petits.

 

Quel est l’intérêt de raconter des histoires aux tout-petits qui ne maîtrisent pas ou peu le langage ?

Jean-Claude Renoux : Le moment de raconter une histoire est un moment fort pour un petit enfant et ses proches. On le prend contre soi, sur ses genoux, on regarde le livre avec lui.

Il y a une part affective très grande et un rapport corporel naturel qui s'instaurent. C'est ce qu'on appelle l'écoute privilégiée. Avec un conteur, l'enfant est face à la personne qui raconte, le livre est tourné vers lui et il est entouré d'autres enfants. C'est ce qu'on appelle l'écoute socialisée. Cette situation est tout aussi importante.

En effet, si la fiction éveille quelque chose en lui, fait référence à ses soucis d'enfant, et qu'il perçoit que les autres enfants partagent ces tracas, cela le rassurera. Bruno Bettelheim décrit d'ailleurs très bien ce phénomène dans Psychanalyse des contes de fées. Mais avant 2 ans, la compréhension de l'enfant face à ce qu'on lui raconte est relative.

Difficile de savoir exactement quel sens un bébé de 9 mois retire des phrases qu'il entend. Toujours est-il qu'il réagit à sa manière en gazouillant, en souriant, en pleurant, en tétant, en gigotant… Une émotion passe donc. Il se nourrit aussi de mots qui vont l'aider à devenir grand, autant que le lait du biberon !

Comment s’y prendre pour capter l’attention des jeunes enfants ?

J.-C. Renoux : L'attention des jeunes enfants est assez limitée. Elle ne dépasse guère plus de quinze à quarante-cinq minutes selon les âges. Pour les intéresser, l'histoire doit être simple et faire référence à un univers qui leur est familier (la famille, l'animal de compagnie…). Dès que l'on fait intervenir des personnages qu'ils ne connaissent pas (par exemple le zèbre), on peut avoir recours à une marionnette qui leur permettra ensuite de faire le lien entre elle et un dessin animé, une photo ou une illustration dans un livre.

L'histoire doit également être répétitive : les tout-petits sont dans une quête, ils s'approprient le monde petit à petit, par accumulation de savoirs, en répétant les choses (certains gestes, certains mots, etc.).

Enfin, l'histoire peut être ponctuée d'une ou plusieurs comptines qui introduisent une musicalité qui capte leur attention. Dans tous les cas, l'enfant ne doit pas être passif. On ne peut pas le contraindre à écouter une histoire. Il faut le faire participer, accepter qu'il ait envie de bouger, de toucher le livre.

Les historiettes sont les plus adaptées aux jeunes enfants. Ce qui est important, c'est de communiquer avec eux afin que le moment venu, ils comprennent que l'on peut jouer avec la pensée et les mots pour faire naître la fiction.

Pourquoi les animaux sont‑ils aussi présents dans les histoires pour enfants ?

J.-C. Renoux : Dans les histoires pour enfants, les animaux renvoient à une certaine image de l'homme. Ils sont humanisés : ils parlent, portent des vêtements, marchent debout. Ils agissent comme des êtres humains, mais gardent pourtant des caractéristiques qui leur sont propres en tant qu'animaux. Le petit enfant considère que tout ce qui bouge est vivant, conscient et a des activités intentionnelles. Il n'a donc aucun mal à s'identifier au petit héros animal d'une histoire.

Ainsi, les choses, bien que dites autrement, restent ludiques et renvoient à la société ou à l'univers dans lesquels évoluent les tout‑petits. D'un autre côté, les animaux permettent également une prise de distance par rapport à ce qui est conté : la famille lapin est pourchassée par un méchant renard ? Dans cette situation, il y a un personnage qui fait peur, mais ce n'est pas vraiment le papa, pas vraiment la maman, pas vraiment la famille de l'enfant qui courent un danger, ce qui est rassurant.

C'est aussi pour ces raisons que lors de la lecture d'une histoire, les rituels sont importants : une comptine, ou une formule, peut amorcer la fiction, puis une autre la clore pour permettre de reprendre pied dans le réel.

 

Le 21 juin 2010 Entretien avec Jean-Claude Renoux. Propos recueillis par Delphine Soury.

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Histoires drôles pour bambins…

Avant de maîtriser le sens des mots, les tout‑petits sont sensibles aux sonorités, à la musicalité des phrases qu'ils entendent.

 

Un son amusant qui se répète, “tic-tac”, “pouêt pouêt”, peut déclencher l'hilarité chez le bébé. Sans parler de Papa qui prend tantôt une grosse voix pour imiter Papa Ours, tantôt une voix suraiguë pour imiter Bébé Ours en racontant l'histoire de Boucle d'or… C'est tout cela qui va les faire rire !

A propos de Jean-Claude Renoux…


♥ L'éveil par le conte, petit parcours théorique suivi de 25 historiettes pour parents et éducateurs de jeunes enfants, Jean-Claude Renoux, éditions Édisud, coll. “L'espace du conte”, 13 €.

 

En savoir plus sur Jean-Claude Renoux

 

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08/02/2011 - ,

Le psychanalyste Bruno Bettelheim, explique dans son livre «Psychanalyse des co ntes de fées», combien le conte facilite le passage de l’enfance à l’âge adulte. Le conte permet à l’enfant de projeter dans un monde imaginaire ses angoisses et ses incompréhensions.(...) Découvrez les contes Grikoo sur http://grikoo.com et participez à notre projet de développement des traditions orales d'Afrique de l'Ouest

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