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En famille

Pourquoi mon tout-petit est-il un vrai casse-cou ?

Votre enfant teste en permanence ses capacités, cherche toujours de nouvelles sensations… Rien ne semble lui fait peur ! Comment expliquer ce comportement ? Réponses d’Alexandre Prouteau, psychomotricien.

 

Qu’est-ce qu’un enfant casse-cou ?

Alexandre Prouteau : Un enfant casse-cou est un enfant qui cherche toujours à dépasser ses propres capacités. Or, jusqu'à 6 ans, un enfant n'a pas de repères stables de temps, de vitesse ou d'espace. Son référentiel risque n'est pas encore construit, il ne peut pas évaluer le risque qu'il encourt lorsqu'il se lance dans une activité.

À cet âge, l'enfant fait chaque jour de nouvelles acquisitions, il apprend et teste toutes sortes de situations, stimulant par là sa recherche de sensations. Dans les expériences qu'il mène, la notion de plaisir est très importante, voire essentielle. C'est ce qui fait qu'il persévère même si l'action est risquée.

Ainsi, lorsqu'un enfant tente de sauter du haut de la première marche d'un escalier, il peut ensuite décider de sauter de la deuxième, puis de la troisième et, pourquoi pas, de la quatrième. Tant que le plaisir est présent et qu'il est plus important que la douleur (ça peut faire mal, parfois, de sauter de la troisième marche d'un escalier !), l'enfant casse-cou va décider d'aller encore plus loin.

Y a-t-il des raisons physiologiques ?

A. P. : Bien sûr ! Le moteur principal de l'enfant est la notion de plaisir. Tous les apprentissages se construisent à partir des sens : c'est la base du développement de chaque enfant. Les cinq sens interviennent : il prend plaisir à toucher, à goûter, à entendre, à sentir et à voir. Il y a le sens du mouvement : quand on ferme les yeux et qu'on effectue un mouvement, on le ressent. Il y a aussi le sens vestibulaire, lié à l'oreille interne et qui régit l'équilibre.

Les mouvements avec une accélération rapide stimulent le système de l'équilibre et, par là, procurent une sensation de plaisir. Ainsi, quand l'enfant tourne sur lui-même pour que la tête lui tourne, ou qu'il fait un tour de manège, il éprouve du plaisir notamment lié à la stimulation de son oreille interne.

Tous les enfants sont-ils des casse-cou ?

A. P. : Non, tous les enfants ne sont pas des casse-cou. Il existe dans notre cerveau des milliards de neurones et encore plus de connexions entre eux. Il y a donc une infinité de possibilités de traiter les informations sensorielles, d'aimer des sensations différentes.

Ainsi, tel enfant qui chute d'un canapé remontera dessus aussitôt tandis que tel autre refusera. S'il aime sauter, s'il ressent du plaisir à sauter, l'enfant poursuivra son expérience, indépendamment des risques de chute.

L’attitude des parents influence-t-elle le comportement des petits risque-tout ?

Oui, la réaction des parents influence la réaction de leur enfant : s'ils disent “Tu es tombé ? Ce n'est pas grave !”, ils confortent le tout-petit dans sa prise de risque. À l'inverse, si les parents sont inquiets et le relèvent immédiatement pour le soigner, l'enfant aura moins tendance à retenter l'expérience.

Le contexte environnemental est donc très influent : des parents inquiets n'ont quasiment aucune chance d'avoir un enfant casse-cou, et inversement.

 

Le 13 mars 2014 Propos recueillis par Claire de Guillebon

Conseils aux parents d’enfants casse-cou

Le plus important, c'est de protéger et d'éduquer l'enfant. Il faut l'accompagner dans son expérience pour qu'il la mène en toute sécurité.

 

Montrer la différence entre risque et danger est important. Si le danger est fort, il faut parler, expliquer pourquoi cette expérience est à éviter et s'assurer que l'enfant s'est approprié l'information correctement.

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