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Parents

Et si les papas poules se trompaient ?

Certains psys voient dans les “papas poules” un dévoiement de la paternité et de la fonction traditionnelle de séparateur du cocon maternel. Sans aller aussi loin que le pédiatre Aldo Naouri, le pédopsychiatre Marcel Rufo met en garde les papas poules contre une dérive de leur métier de père. Interview de Parents-enfants.fr

 

Dans Chacun cherche un père, vous appelez à la rescousse le père traditionnel tel qu’on le concevait autrefois. N’est-ce pas un peu rétrograde ?

Marcel Rufo : On ne peut qu'applaudir aux progrès des nouveaux pères qui ont pris l'habitude de s'occuper de leurs enfants d'une manière différente de celle de leurs propres pères. Aujourd'hui, ils donnent le biberon, assistent à l'accouchement, changent parfois les couches et font le ménage le temps de la naissance… Bravo. Mais il est important de rappeler l'essentiel pour un petit enfant : la différence entre son père et sa mère, ce que j'appelle le “pareil/pas pareil”, selon qu'il s'agit d'un garçon ou d'une fille.

Le père doit absolument remplir le rôle que lui a donné la nature : il ne donne pas la naissance, il l'accompagne ; il est là d'abord pour couper le cordon : il doit donc tenir son emploi de tiers séparateur qui coupe l'enfant de sa mère pour qu'il se développe. Donc, les pères qui veulent jouer les mamans se trompent, ils ne rendent pas service à leur enfant, ils les privent de quelque chose dont l'enfant a besoin. En plus, il court le risque de jouer les mères moins douées, au rabais, d'une certaine manière moins talentueuses. Je pense que le père est condamné à être faillible, mais c'est grâce à ces manques que l'enfant peut se construire. Et certains voudraient être parfaits.

Mais les temps ont changé, les pères veulent avoir leur mot à dire. Ils l'ont par la force des choses, puisque les femmes travaillent à 80 % à l'extérieur du foyer. De toute façon, à quelques rares exceptions près, après l'éblouissement de la naissance, les pères se dépêchent bien souvent de réintégrer leur rôle traditionnel. D'autre part, ils n'ont pas besoin d'en faire beaucoup pour être idéalisés. En silence, les femmes assurent les trois quarts de l'éducation, mais dès qu'un homme prépare une bouillie ou passe du temps à jouer au foot avec son gamin, on en fait un héros. C'est ce que j'appelle le “père accessoire”.

 

Le 16 février 2010 Marcel Rufo - Propos recueillis par Jean-François Fournel - www.parents-enfants.fr

Chacun cherche un père, de Marcel Rufo

Chacun cherche un père, de Marcel Rufo (éd. Anne Carrière, 236 p., 18,50 €).

“C'était mon père, un point c'est tout”, bel hommage du pédopsychiatre Marcel Rufo célébré par les médias à propos de son père, marchand des quatre saisons à Toulon, dans ce dernier livre assez consolant pour les pères qui cherchent leur route entre le pater familias d'autrefois et le copain permissif d'aujourd'hui qui aurait perdu toute autorité.

Le bon père oscille entre ces deux extrêmes et le livre de Marcel Rufo ose une conclusion rassurante : “De toute façon, il a toujours tout faux et c'est pour ça qu'on l'aime.”

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Les papas poules en mal de reconnaissance

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