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Adolescents

Quelle image les mannequins donnent-elles aux ados de la féminité ?

Les adolescentes ont aujourd’hui du mal à faire face à la (dite) perfection des top models. Comment les aider à se libérer des images imposées ? Extrait d’un des dossiers du dernier hors-série de Muze consacré à la féminité : “Faire la paix avec soi-même, son image, son corps ?”

 

Pour faire rêver…

À cette époque-là, Hollywood avait le drapeau en berne. Nous sommes au début des années 80 et, rappelle Sylvia Jorif, journaliste à Elle, “les stars américaines n'existaient plus. Les actrices cessaient de miser sur le glamour et préféraient la discrétion”. Pour faire rêver, les ma­­gazines doivent trouver un “nouveau terrain de jeu”. Ils choi­sis­sent celui de la mode avec, pour égéries, les mannequins. Dans ces années qui survalorisent le corps et font du fitness une re­ligion émerge une dream team de filles “un peu irréelles, aux corps in­croyables”.

… et consommer

Elles s'appellent Claudia Schiffer, Cindy Crawford, Elle McPherson. “Jamais on ne sera comme elles !” Ainsi Sylvia Jorif résume-t-elle la pensée de lectrices face à ces corps pleins et parfaits. Et, dans une période en mal d'idoles, leurs visages, loin de se canton­ner aux pages mode, habitent également les pages people. Les interviews s'enchaînent, les contrats s'alignent et les cachets gon­flent. Linda Evangelista ne déclare-t-elle d'ailleurs pas “refuser de se lever le matin pour moins de 10 000 dollars”. 

Une maigreur au top

L'arrivée d'une Anglaise filiforme va complexifier la donne. Si, pour Sylvia Jorif, elle marque “la fin de l'ère des top models”, Kate Moss va poser le problème de la minceur. Quelle image ces nouveaux modèles au style crevette renvoient-elles à la femme lambda, celle qui ne peut contempler, qu'en soupirant, un corps forcément imparfait face à ces hérauts de la maigreur ?

Un reflet de la société…

Lysa Aëngel, mannequin et auteure du très drôle My Beautiful Egotrip, la bible du mannequin (éd. Scali), refuse d'endosser le rôle de bouc émissaire : “Je ne me vois pas comme une machine à complexer les autres ! Rejeter la faute sur le mannequin, c'est comme traiter le symptôme et pas la maladie. Le mannequin n'est que le reflet d'une société et de ce que les gens veulent voir ! C'est d'ailleurs symptomatique : les pays riches vont exalter la minceur tandis que les régions du monde plus pauvres vont préférer les rondeurs.”

… elle aussi responsable

N'empêche. Le débat prend de l'ampleur et le rappro­chement entre mannequin et anorexie est fréquent. Un amalgame un peu rapide pour le Pr Philippe Jeammet, spécialiste des troubles du comportement ali­men­taire (TCA) : “Le mannequin ne crée pas l'anorexie car on ne ‘choisit’ pas son trouble. Le problème serait plutôt l'ambiance culturelle et le discours des adultes assez ambigu sur le sujet. La frontière entre la minceur et la maigreur est de plus en plus floue.”

Mannequins très jeunes et très minces

La psychanalyste Pascale Navarri, auteure de Trendy, sexy et inconscient, regards d'une psychanalyste sur la mode (éd. PUF), voit un autre problème dans l'émergence de ces mannequins “très jeunes et très minces” : “Elles privilégient la femme prépubère. Elles ne confortent pas la femme dans l'idée d'une féminité adulte, grâce à laquelle chacune se construit.”

Jouer avec les vêtements, pas avec son corps

Mais comment trouver la juste distance face à ces images que nous renvoient les magazines ? “Il ne faut pas oublier que la mode est un jeu, explique Pascale Navarri. Prenons le cas du smoking Saint Laurent : il permet, le temps d'une soirée, de jouer de l'androgynie, ce qui est constitutif de l'adolescence. Mais la mode, pour être créative, doit être changeante. Or, si on s'attaque à cette question de l'androgynie par le corps et non plus par le vêtement, cela devient dangereux. Le ‘jeu’ est moins réversible.”

Rêve ou cauchemar ?

Selon Sylvia Jorif, la conjoncture aide à mettre de la distance entre le mannequin et soi : “Alors que les années 80 célébraient l'emphase, la mode est devenue plus cérébrale. Les créateurs ne veulent plus qu'une fille phagocyte le vêtement. Et l'ouverture à l'Est a noyé l'idée du mannequin star avec l'arrivée de très belles filles de Russie ou d'Europe centrale.”

Lysa Aëngel confirme : “C'est de plus en plus dur de gagner sa vie. À la fille qui soupire en me disant que jamais elle ne pourra être mannequin j'ai envie de répondre qu'elle peut considérer cela comme une chance.”

 

Le 6 mars 2009 Joséphine Lebard, pour Muze

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Hors-Série Muze : la féminité

Belle occasion qu'est la Journée de la femme pour évoquer la féminité. C'est le thème du nouvel hors-série de Muze, décliné en dix dossiers pour explorer sa personnalité.

Le magazine analyse ce que sont les nouveaux combats des jeunes femmes, la transmission de mère en fille, l'amour, le féminisme, l'image du corps… : des sujets toujours nourris par des conseils de lectures, contemporaines ou classiques.

Un hors-série très complet, pour en savoir un peu plus sur la femme que deviendra la jeune fille d'aujourd'hui.

 

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