Notrefamille.com| Enfant.com| Familiscope.fr| Creafamille.be| Vosquestionsdeparents.fr| Phosphore.com| 1jour1actu.com

En famille

Pourquoi fixer l’heure de son coucher aide l’enfant à grandir ?

Dans son livre Grandir en temps de crise, le psychiatre Philippe Jeammet revient sur les bienfaits de la routine et de repères de vie réguliers pour l’enfant. Il explique comment leur absence peut retentir de façon problématique sur la santé de nos enfants et adolescents, “notamment sur les plus réactifs au stress et stimuli venant de l’extérieur”.

 

 

« La fiabilité des parents libère l’enfant : il n’y pense plus mais il vit avec de bonnes habitudes. Il se couche quand il a sommeil, range (plus ou moins) sa chambre chaque semaine, prend une douche chaque jour, se nourrit sans excès.

Respectons les besoins physiologiques de l’enfant

En revanche, demander à un petit s’il veut aller se coucher à 22 heures le met dans une situation de choix impossible (rester avec ses parents qu’il ne veut pas quitter/se séparer d’eux pour répondre à son besoin de repos). D’abord, cela voudrait dire qu’il pourrait ne pas aller se coucher de suite. Or, ce n’est pas un caprice du parent qui fixe l’heure du coucher de son enfant ; c’est que, physiologiquement, l’enfant a besoin d’un certain nombre d’heures par nuit. Ensuite, on ne peut pas attendre de l’enfant qu’il ait spontanément envie d’aller au lit ! Beaucoup d’enfants et d’adolescents manquent chroniquement de sommeil, alors qu’il y aurait tout intérêt à installer un rythme le plus tôt possible.

Installons une routine bienfaisante

D’abord, intégrer très tôt une routine donnerait à l’enfant ou l’adolescent le sentiment d’être acteur de son organisation. De plus, personne ne se demanderait s’il est raisonnable d’exiger que l’enfant aille au lit. Lequel irait se coucher et verrait la différence entre les nuits où il a son comptant de sommeil et celles où il se lève encore fatigué, se concentre avec peine en classe et s’énerve pour un rien. Or, il est possible de donner un cadre à l’enfant sans rigidité, souplement, sans recourir à la violence…

Les rythmes réguliers sont apaisants

En refusant de donner tôt à l’enfant une régularité rassurante, les parents ne réalisent pas qu’ils le rendent dépendant des variations avec l’extérieur : comme rien n’est fixé, tout peut bouger en fonction des humeurs et du programme de chacun. Des dérèglements permanents plutôt usants… D’autant que derrière le sommeil, c’est aussi la sécrétion hormonale (par exemple l’hormone de croissance) qui est en jeu, donc la physiologie de l’enfant ou de l’adolescent dans son ensemble.

Il est plus facile de se délivrer de contraintes que de s’en imposer

Certains objecteront que l’adolescent a besoin de s’opposer en laissant le désordre envahir sa chambre, en se couchant plus tard. Peut-être. Mais s’il vit ainsi depuis l’enfance, ce n’est pas une différenciation ! S’il n’a jamais été habitué à se plier à quelques règles de vie, il va peiner lorsqu’il devra acquérir les codes des grands” (se soumettre aux horaires de travail sans sécher la première heure, rechercher du travail avec assiduité, se présenter correctement habillé).

 

Or, il est autrement plus facile de se délivrer de codes un peu contraignants que de s’en créer. Se dire : “Je ne suis pas obligé de mettre une cravate chaque jour pour aller au travail” ou bien “Je peux manger au fast-food de temps en temps car je mange équilibré le plus souvent”, cela donne une impression de liberté. (…)

Les habitudes libèrent l’esprit

Vivre avec un certain nombre d’habitudes que nous avons choisies est une force ; elles assurent un équilibre physiologique du corps, qui concerne l’ensemble des régulations — y compris hormonales — de l’organisme. Devenues des automatismes, ces habitudes laissent l’esprit libre pour penser à autre chose et investir notre énergie dans ce qui en vaut la peine. Il serait donc dommage d’en priver l’adolescent : il en aura besoin toute sa vie.

Il n’est jamais trop tard pour « recadrer » un enfant ou un ado

La peur de nous montrer coercitifs nous conduit parfois à laisser le choix à l’adolescent. Faute d’avancer avec ces barrières qui guident sa vie sans même qu’il y pense, il dépensera beaucoup d’énergie à se différencier d’une manière qui n’est pas sans risques.

 

Pour prendre le contre-pied de nos convictions ou de nos positions éducatives, il va s’opposer à toutes nos suggestions ou refuser de s’ouvrir aux opportunités qui se présentent. Mais il n’est jamais trop tard pour remettre un peu de cadre dans la vie d’un jeune. Tant qu’il reste dépendant en partie de ses parents, parce qu’il vit sous notre toit ou dépend de notre porte-monnaie, nous avons le droit de donner notre avis sur les orientations qu’il choisit. »

 

A lire aussi d'autres extraits du livre de Philippe Jeammet :

 

Post-bac : il ne trouve pas sa voie, refait une première année, que faire ?

Mon ado boit trop en soirée, comment réagir ?

 

 

Le 19 mars 2014
Extrait du livre « Grandir en temps de crise, comment aider nos enfants à croire en l’avenir », éd. Bayard
Photo : Tertra Images-Thinkstock

Notre spécialiste, Philippe Jeammet

Grandir en temps de crise, comment aider nos enfants à croire en l’avenirPhilippe Jeammet est psychanalyste et psychiatre, auteur de Grandir en temps de crise, comment aider nos enfants à croire en l’avenir.

 

Ed. Bayard, mars 2014, 18 €.

 

Où trouver ce livre ?

Votre recherche

Newsletter Cuisine

Recevez gratuitement, une fois par mois,
4 recettes de saison à faire avec vos enfants.


Voir un exemple

1482