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Souris contre vélo : tout est une question de dosage

Aujourd’hui, les enfants de 2 à 5 ans sont plus habiles à utiliser un ordinateur ou un smartphone qu’à nager ou pédaler. Faut-il s’en réjouir ou s’en inquiéter ? Nos spécialistes en débattent.

 

Souris contre vélo : la souris gagne !

Les enfants en bas âge sont aujourd’hui plus nombreux à savoir manier une souris d’ordinateur, jouer à un jeu vidéo et même utiliser un smartphone qu’à être capables de nager, faire du vélo ou lacer leurs chaussures. C’est en tout cas ce qu’ révélé une vaste étude menée en 2011 (voir l’encadré ci-dessous).

 

Face à ce constat, des interrogations émergent… Maîtriser les gestes technologiques avant ceux du quotidien, est-ce un progrès ou au contraire un problème ?  Ces enfants experts en nouvelles techniques dès le berceau auront-ils un atout pour mieux grandir ou vont-ils pâtir d’un retard psychomoteur ? Cette compétence précoce va-t-elle influer sur leur développement intellectuel, développer chez eux une autre forme d’intelligence ? Nous avons posé toutes ces questions à quatre spécialistes, ils nous font part de leurs réactions.

Pour Laurence Vaivre-Douret*, professeur de psychologie du développement, neuropsychologue et psychomotricienne, tout est question de dosage.


Fonctions cognitives et acquisitions pschomotrices : attention au déséquilibre

Laurence Vaivre-Douret : "Qu’un enfant acquière de nouvelles compétences en lien avec son temps, on ne peut que s’en réjouir. Le problème survient si cela se fait au détriment d’autres aptitudes, notamment corporelles. Lorsqu’il joue avec ces différents outils technologiques, il stimule essentiellement des fonctions cognitives : l’attention visuelle, la discrimination visuelle, la représentation mentale, l’organisation spatiale, la mémoire. Et c’est tant mieux car elles lui seront toutes très utiles un peu plus tard, au moment des grands apprentissages scolaires.

 

"En revanche, du point de vue psychomoteur, ses acquisitions sont beaucoup plus limitées et concernent surtout la coordination main œil. Pour exercer son corps et l’impliquer tout entier, un petit enfant n’a d’autre choix que de jouer dehors, courir, sauter, faire du vélo, nager : jamais il n’y parviendra par écran interposé ! Trop de temps passé devant un ordinateur ou un smartphone peut donc aboutir à un déséquilibre : une hypertrophie des fonctions cognitives au détriment de la découverte du corps.

Est-ce ennuyeux ?

"Clairement oui ! Tout ce qu’un enfant n’aura pas acquis en matière de connaissance de son corps et de ses sensations à cet âge de grande plasticité cérébrale risquera ensuite de lui faire défaut. Certes il pourra apprendre à nager, pédaler, shooter plus tard, mais il aura plus de mal et surtout pourra rester relativement maladroit. N’oublions pas non plus que le corps joue un rôle essentiel dans les relations aux autres et la vie affective.

 

"Gardons-nous donc de façonner une génération de cerveaux, champions d’informatique mais détachés de leur corps, peu aptes aux relations sociales et affectives. Cette évolution n’a rien d’un fantasme : dans ma pratique quotidienne, je rencontre de plus en plus de jeunes enfants qui n’éprouvent aucun plaisir à se dépenser, bouger sur un tapis ou courir dans la nature. Sans tomber dans la diabolisation, j’ai envie de dire : attention à trop de technologie pour les petits ! C’est une question de dosage."

*Laurence Vaivre-Douret enseigne à l’université Paris-Descartes et exerce à l’Assistance publique des Hôpitaux de Paris. Elle est l’auteur de Précis théorique et pratique du développement moteur du jeune enfant, éd. ECPA-Elsevier.

 

Le 4 mai 2014
Isabelle Gravillon
© Enfant Magazine
Maxim Bolotnikov/YanLev-Thinkstock

De vrais geeks, les enfants !

En janvier 2011, AVG (éditeur de produits de sécurité en ligne) a réalisé une étude auprès de 2 200 mères d’enfants âgés de 2 à 5 ans aux Etats-Unis, au Canada, au Japon, en Australie, en Nouvelle-Zélande et dans cinq pays d’Europe (Royaume-Uni, France, Italie, Allemagne et Espagne).


• Il leur a été demandé d’indiquer les gestes que leurs jeunes enfants maîtrisaient le mieux : alors que 69 % de leurs tout-petits savent se servir d’une souris d’ordinateur, que 63 % sont capables d’allumer et d’éteindre un ordinateur et 58 % de jouer à un jeu vidéo simple, ils ne sont que 52 % à savoir faire du vélo, 37 % à écrire leur nom, 20 % à nager sans aide et 11 % à nouer leurs lacets.


• L’âge de la mère semble être une donnée déterminante. Ainsi, les mamans plus âgées enseignent plus facilement à leurs enfants les gestes de la vie quotidienne que leurs cadettes : 40 % des enfants dont la mère a plus de 35 ans savent écrire leur nom, alors qu’ils ne sont que 35 % chez ceux dont la maman a moins de 35 ans. Pour l’aptitude à la nage, on retrouve cette même proportion : 24 % contre 16 %.


• Concernant cette maîtrise des nouvelles technologies, aucune différence n’est observée entre les filles et les garçons : autant de garçons (58 %) que de filles (59 %) savent jouer à un jeu vidéo ou téléphoner d’un portable (28 % des garçons, 29 % des filles). En revanche, du côté des gestes quotidiens, les filles sont légèrement plus performantes : 31% savent se faire leur petit déjeuner seules, pour 25 % des garçons. Côté vélo, ils tirent un peu mieux leur épingle du jeu : 54 % des garçons et 52 % des filles savent en faire.

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